PPL Pour une montagne vivante et solidaire
(dernière mise à jour le 15/07/2026)
Présentation de la situation
Après une adoption par l’assemblée nationale et par le Sénat en première lecture, la proposition de loi transpartisane « Pour une montagne vivante souveraine » sera étudiée à l’occasion d’une commission mixte paritaire le 16 juillet 2026. Le cœur de cette proposition de loi est la prise en compte d’une différentiation accrue pour parfaire la loi Montagne.
Les principales nouveautés de l’acte III de la Loi Montagne
Cette proposition de loi « Pour une montagne vivante et souveraine » constitue le troisième volet législatif de la loi fondatrice du 9 janvier 1985, après un acte II le 28 décembre 2016. Le texte a été adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 13 mai 2026 et par le Sénat le 6 juillet 2026.
Le fil conducteur de ce
texte est la réaffirmation du principe de différenciation territoriale appliqué
aux spécificités montagnardes.
En matière de gouvernance
locale, l'article 3 institue la création obligatoire, au sein des EPCI à
fiscalité propre comprenant des communes de montagne, d'une « commission
montagne ». Le texte prévoit qu'elle soit instaurée de plein droit dans
tout EPCI mixte comportant des communes de montagne, sans dépendre de
l'adoption préalable d'un pacte de gouvernance, ses compétences étant élargies
à la préservation des écosystèmes et à l'adaptation au changement climatique.
En matière de santé,
l'article 2 prévoit la représentation d'élus de montagne au sein des
conseils d'administration des Agences régionales de santé (ARS). À
l'Assemblée, une obligation a par ailleurs été introduite pour que le projet
régional de santé garantisse aux populations des zones de montagne un accès,
dans des délais raisonnables, à la médecine générale, aux urgences, à la
réanimation et à une maternité.
Le volet scolaire
Le texte renforce le partage
d’informations et la concertation dans l’élaboration de la carte scolaire
avec l’EPCI ou la commune compétente pour tous les territoires. Cette
concertation est organisée avant la réunion des conseils départementaux de l’éducation
nationale. Le texte adapte les seuils d’ouverture/fermeture de classe en zone
de montagne en tenant compte des spécificités des écoles publiques ou des
réseaux d’écoles publiques au regard de leur situation géographique en zone de
montagne, de la démographie scolaire, de l’isolement, des conditions d’accès et
des temps de transport scolaire. Malgré le soutien de l’AMF, la proposition
pour prévoir l’avis du conseil municipal en cas de fermeture de classe a été
supprimée par un amendement en séance publique au Sénat, mais une concertation
préalable avec les collectivités devrait être maintenue.
Le texte prévoit ainsi
désormais qu’avant toute décision de fermeture de classe les autorités
académiques examinent les projets de logements et d'aménagement déjà engagés ou
suffisamment avancés, leur calendrier de réalisation et leurs effets
prévisibles sur le nombre d'élèves.
Le volet Eau
Le texte prévoit la création
d’un fonds de solidarité Gemapi. Les intercommunalités situées
majoritairement en aval d'un bassin versant verseraient chaque année une
contribution obligatoire au fonds qui serait géré par l'établissement public
territorial de bassin (EPTB), lorsqu'il existe, ou sinon par l'agence de l'eau.
Les fonds seraient redistribués aux intercommunalités situées majoritairement
en amont, à condition qu'elles réalisent des travaux ou des actions de
prévention des inondations profitant principalement aux territoires situés en
aval.
Ce point avait reçu un
avis défavorable du gouvernement mais a finalement été adopté, alors même
que les sénateurs en commission avaient préféré à ce fonds un dispositif de
plan d’action pluriannuel d’intérêt commun porté par les établissements publics
territoriaux de bassin.
L'article 4 inscrit dans
les objectifs de la politique de la montagne le principe d'un usage partagé et
d'un stockage de la ressource en eau, en excluant le pompage dans les nappes
inertielles à recharge lente ; le Sénat y a ajouté les activités pastorales
parmi les besoins couverts.
Le texte vise ainsi à favoriser
l’implantation de retenues collinaires multi-usages pour développer
cette politique de stockage de l’eau.
Le volet Urbanisme
Le principal changement
apporté sur le plan de l’urbanisme tient à la modulation du principe de
continuité. L’idée serait que les coupures physiques ne constituent pas des
motifs de discontinuité de l’urbanisation. Le Sénat a précisé la rédaction en
autorisant explicitement certaines constructions liées aux activités agricoles,
et a supprimé la possibilité pour le préfet d'apprécier la continuité en
dernier recours, jugée redondante avec le contrôle de légalité. Les sénateurs
ont par ailleurs modifié l'échéance d'interdiction d'extension de
l'urbanisation applicable en Corse (de 2032 à 2030). Cet assouplissement des
règles de construction en montagne suscite pourtant des avis opposés.
Un volet Littoral s’est
ajouté lors de la lecture devant le Sénat.