Obligation du critère environnemental dans la commande publique
(dernière mise à jour le 09/06/2026)
Présentation de la situation
Conformément à l’article 35 de la loi Climat et résilience, les acheteurs et autorités concédantes auront l’obligation à compter du 22 août 2026, lorsqu’ils recourent à plusieurs critères d’analyse des offres, dédier au moins l’un d’entre eux aux caractéristiques environnementales de l’offre. Cette application intervient dans le cadre du verdissement de la Commande publique, conformément aux articles L.2152-7 et L.3124-5 du Code de la commande publique.
La mise en œuvre obligatoire du critère environnemental
Ce critère
environnemental se devra d’être objectif, précis et lié au contrat.
Ce critère devra se
concentrer exclusivement sur les seuls aspects environnementaux, en excluant le
reste du spectre du développement durable, mais aucune restriction n’est
apportée par le législateur s’agissant des « caractéristiques
environnementales » susceptibles d’être analysées. De nombreux paramètres
pourront ainsi être examinés : le coût énergétique des prestations, l’impact
sur la biodiversité, la durabilité des matériaux, l’usage des ressources
naturelles, la gestion des déchets ou encore l’empreinte environnementale
numérique à titre d’exemples.
Le critère
environnemental doit être objectif : en effet, il ne doit pas permettre d’avantager
un opérateur économique en raison par exemple de son implantation géographique.
Le critère
environnemental doit être défini de manière suffisamment précise pour que les
candidats puissent identifier les pièces à produire et les éléments retenus
pour la notation de l’offre.
Enfin, le critère
environnemental doit présenter un lien avec l’objet du contrat ou ses
conditions d’exécution. L’acheteur devra ainsi démontrer qu’au travers des critères
retenus, ce sont bien les mesures développées dans le cadre et pour les besoins
du contrat qui seront examinés.
Le critère environnemental
est librement pondéré, il est préférable d’adapter son poids au contexte et de
ne surtout pas lui accorder une place résiduelle dans les critères d’analyse
des offres. En effet, si cette
pondération demeure symbolique, cela pourrait contrevenir à l’obligation
initiale : il est recommandé d’opérer une pondération minimale de 5 à 10%
selon les circonstances.
Cette obligation s’appliquera à partir du 22 août 2026, mais cela fait déjà une vingtaine d’année qu’il est possible de juger les offres sur cet aspect. Les acheteurs peuvent ainsi s’aider des outils développés dans le cadre du Plan national pour des achats durables 2022-2025, ou encore de la plateforme Rapidd ou même du portail Clause verte qui proposent notamment des exemples de critères environnementaux par secteur d’achat.
Le volet environnemental dans la cadre du critère unique du coût
Même si initialement ce
critère environnemental ne concerne que les marchés publics contenant plusieurs
critères d’appréciation de l’offre, un volet environnemental est également
prévu si le critère unique du coût est choisi. En effet, le critère unique du
prix sera désormais remplacé par le critère du coût : cela signe l’abandon
d’une logique purement financière au profit d’une approche globale comprenant obligatoirement
un volet environnemental. Cette notion est expressément définie par le Code de la
commande publique.