Loi de finances pour 2026
(dernière mise à jour le 10/02/2026)
Présentation de la situation
Après un feuilleton législatif compliqué, le projet de loi de finances pour 2026 a finalement été adopté par le Parlement le 2 février 2026, après le rejet de deux motions de censure déposées suite au recours à l’article 49 alinéa 3 par le Premier Ministre Sébastien Lecornu. Cette loi de finances devrait être publiée avant la mi-février, en attendant l’examen par le Conseil Constitutionnel.
Quelles sont les nouveautés dans le budget de l’Etat 2026 ?
L’état des finances publiques exigeait un effort national d’économie, et la loi de finances pour 2026 réclame un effort de près de 2 milliards d’euros aux collectivités, dont notamment une ponction de 740 millions d’euros au titre du DILICO. La DGF reste stable sans aucune revalorisation, et le Fonds vert quant à lui est diminué.
Le DILICO :
une ponction dont sont exonérées les communes
La contribution au titre
du Dilico, dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des
collectivités territoriales, est estimée pour 2026 à une ponction de 740
millions d’euros, dans la répartition suivante : 350 millions seront
récupérées dans les recettes des régions, 250 millions pour les
intercommunalités et 140 millions pour les départements. Grande nouveauté de
cette loi de finances pour 2026, même si le
Dilico est maintenu et renouvelé, les communes en sont cette fois-ci exonérées.
La somme prélevée au titre du Dilico devra être reversée à hauteur de 90% aux
collectivités contributives, par tiers, pendant trois 3. Les 10% restants
alimenteront de fait des fonds de péréquation horizontaux.
Une Dotation
Globale de fonctionnement stable
Conséquence de la rigueur
budgétaire de la loi de finances pour 2026, la
DGF ne sera ni revalorisée, ni réduite. Le gouvernement a ainsi
décidé de la maintenir au même niveau qu’en 2025. D’après l’AMF, cette
non-indexation de la DGF sur l’inflation devrait conduire à une baisse de cette dotation dans plus de la moitié des
communes.
Les Dotations de
solidarité urbaine DSU et la dotation de solidarité rurale DSR progresseront
quant à elle respectivement de 140 et 150 millions d’euros. Cette augmentation
sera financée à l’intérieur de la DGF.
La dotation de soutien à
l’investissement local Dsil, la dotation d’équipement des territoires ruraux
DETR et la dotation politique de la ville DPV ne fusionneront finalement pas
dans un nouveau fonds d’investissement pour les territoires comme cela était
initialement prévu. La diminution de 200 millions d’euros de la Dsil est
maintenue.
Un Fonds vert
raboté une fois encore
Le Fonds vert avait déjà été divisé par deux en 2025,
et pour le budget en 2026, la diminution du Fonds vert participera largement au
redressement des comptes publics, en passant de 1,15 milliard d’euros en 2025 à
840 millions en 2026. La baisse constatée sera donc moins
forte qu’initialement prévue (une baisse de 500 millions avait été annoncée).
Parallèlement, le
budget prévu pour les aides à la rénovation énergétique MaPrimeRénov’ est maintenu par rapport à 2025 pour un montant
de 3,6 milliards d’euros. Le guichet de demande de subvention doit,
cependant, encore rouvrir pour tous les ménages, après une période de pause
puis de réouverture partielle réservée aux plus modestes en 2025.
CNFPT : une
ponction sur la formation des agents de la fonction publique territoriale
Le CNFPT est financé par
une cotisation des collectivités territoriales correspondant à 0.9% de leur
masse salariale. Or, dans la loi de finances pour 2026, le CNFPT voit désormais
son enveloppe plafonnée à 397 millions d’euros, le reste revenant à l’Etat,
soit une somme estimée de 16 millions d’euros payés par les collectivités pour
la formation des agents afin de contribuer à combler le déficit des comptes
publics.
Une prime
régalienne de 500 euros pour les maires
La loi de finances pour
2026 rend réelle la prime régalienne de
500 euros net par an promise aux maires lors du dernier congrès des maires.
Cette prime régalienne vise à compenser le temps passé par les maires en
tant qu’agents de l’Etat. L’accueil de cette prime régalienne a été très
tièdement reçue par les élus locaux.
Mesures sur le
logement : lutter contre le logement vacant et incitation à la location
Le budget 2026 prévoit
une fusion de la taxe sur les logements vacants en zone tendue et de la taxe
d’habitation sur les logements vacants en zone non tendue, afin de simplifier
la fiscalité des logements vacants. Ce dispositif est aux mains des maires, les
communes pourront ainsi augmenter cette taxe jusqu’à deux fois plus que le taux
d’imposition actuel. Le but de cette manœuvre est de faire revenir sur le
marché locatif des logements inutilisés depuis plusieurs années. Cette
nouvelle taxe se nomme la taxe sur la vacance des
locaux.
Dans ce budget 2026
apparaît un nouveau dispositif fiscal, le statut du bailleur privé ou
dispositif Jeanbrun, pour inciter les Français à investir dans un logement pour
le louer, avec en contrepartie la réduction de 400 millions d’euros de la
ponction imposée aux bailleurs sociaux (Réduction de loyer de solidarité). En
revanche, ils devront verser 275 millions d’euros au Fonds national d’aides à
la pierre, Fnap.
Création d’un
régime d’assurance pour les collectivités
Apparaît également la création
d’un régime d’assurance pour les collectivités en cas de dommages résultant
d’émeutes et un fonds de mutualisation pour les indemniser, mais aussi la
prolongation des anciennes communes ZRR non éligibles au dispositif FRR dans ce
zonage jusqu’au 31 décembre 2029, et non plus jusqu’en 2027.
Cet ajout gouvernement introduit
ainsi « une obligation pour les assureurs de couvrir le risque
d’émeute, qui sont en contrepartie autorisés à le céder à un fonds garanti par
l’État pour un prix réglementé. Les assureurs prennent ainsi librement en
compte le risque "émeutes" dans leur tarification. Ils sont également
libres de choisir les risques qu’ils souhaitent céder ou conserver, ce qui a
pour effet de limiter l’effet de ces garanties sur le prix de l’assurance et
protège donc les assurés des territoires les plus exposés ».
« Le fonds prend
en charge au moins 90 % des dommages, dès le premier euro, dans des conditions
qui pourront être adaptées à chaque territoire et type de contrat (et) est
alimenté par une contribution versée par les entreprises d’assurance, au motif
de la solidarité nationale »